Entendre son enfant dire « je veux mourir », « je veux disparaître » ou « je ne veux plus être là » peut provoquer un choc. Même si ces mots surgissent pendant une colère, il est important de ne pas les banaliser et de ne pas chercher seul à déterminer ce qu’ils signifient.
La priorité est de rester avec l’enfant, de vérifier directement s’il existe un danger actuel et de solliciter une aide professionnelle sans délai. Si l’enfant s’est blessé, a avalé un produit ou risque de passer à l’acte, il faut appeler immédiatement les urgences.
À retenir
- Toute parole de mort dirigée contre soi mérite une réponse immédiate.
- Restez près de l’enfant et posez des questions claires sur ce qu’il pense faire maintenant.
- Éloignez médicaments, produits toxiques, armes éventuelles et autres objets dangereux.
- En cas de danger actuel, appelez en France le 15 (SAMU) ou le 112. Dans un autre pays, utilisez le numéro d’urgence local.
- Même sans danger immédiat identifié, transmettez rapidement ces paroles à un professionnel.
Que faire dans les premières minutes ?
Commencez par interrompre ce que vous faisiez et restez physiquement présent. Parlez calmement, avec des mots simples. Il n’est pas nécessaire de trouver immédiatement l’explication parfaite ni de convaincre l’enfant qu’il ne devrait pas ressentir cela.
Vous pouvez dire : « Je suis content que tu me l’aies dit. Je vais rester avec toi et t’aider. » Posez ensuite des questions directes :
- « Est-ce que tu penses à te faire du mal maintenant ? »
- « Est-ce que tu as pensé à une manière de te faire du mal ? »
- « Est-ce que tu as déjà fait quelque chose pour te blesser ou avalé quelque chose ? »
Ces questions servent à repérer un danger qui demande une intervention urgente. Si l’enfant dit qu’il pense se faire du mal maintenant, s’est déjà blessé, a peut-être avalé un produit, a accès à un moyen dangereux ou si vous ne parvenez pas à garantir sa sécurité, ne le laissez pas seul et appelez immédiatement les urgences.
En France, appelez le 15 (SAMU) ou le 112. Dans un autre pays, contactez le numéro d’urgence local. Suivez les consignes du service appelé et transmettez les faits aussi précisément que possible.
Si l’enfant évoque une manière de se faire du mal sans danger immédiat identifiable, ne concluez pas vous-même que la situation est sans urgence. Restez avec lui et contactez sans délai un médecin, un service de santé mentale pour enfants ou un service de crise afin qu’un professionnel évalue la situation et vous indique la conduite à tenir.
Pendant ce temps, gardez hors d’accès les médicaments, produits toxiques, armes éventuelles et autres objets dangereux. Ne vous mettez pas vous-même en danger pour récupérer un objet : demandez alors l’assistance des services d’urgence.
Que comprend un jeune enfant lorsqu’il parle de mourir ?
Entre 4 et 6 ans, la compréhension de la mort est souvent encore en construction. Un enfant peut ne pas en saisir toutes les conséquences ou employer ces mots pour exprimer un souhait que sa peur, sa colère ou sa souffrance s’arrête.
Mais cette compréhension incomplète ne permet pas de conclure que la phrase est « seulement une expression ». Les mêmes mots peuvent aussi accompagner une intention de se blesser. Le parent ne peut pas déterminer seul leur portée exacte : un échange direct et une évaluation professionnelle sont nécessaires.
Il n’est donc pas utile de chercher d’abord si l’enfant « le pense vraiment » ou s’il veut attirer l’attention. Dans tous les cas, sa parole signale un besoin d’aide et mérite une réponse protectrice.
Comment solliciter de l’aide après la mise en sécurité ?
Un danger actuel relève des urgences. En l’absence de danger immédiat identifié, contactez néanmoins sans délai un médecin, un service de santé mentale pour enfants ou un service de crise disponible dans votre région. Décrivez exactement les mots entendus, sans les atténuer.
Notez si possible :
- les mots précis de l’enfant ;
- le moment et les circonstances dans lesquels ils ont été prononcés ;
- ses réponses aux questions sur un geste actuel ou une manière de se faire du mal ;
- les éventuels gestes, blessures ou accès à un objet dangereux ;
- les événements récents que vous connaissez, sans supposer qu’ils expliquent tout.
Ces informations aideront le professionnel à évaluer la situation. Elles ne remplacent pas son avis. Jusqu’à ce que des consignes adaptées soient données, maintenez une présence attentive et gardez les moyens dangereux hors d’accès.
Des phrases utiles pour répondre
- « Merci de me l’avoir dit. Je reste avec toi. »
- « Quand tu dis que tu veux mourir, est-ce que tu penses à te faire du mal maintenant ? »
- « Est-ce que tu as pensé à une manière de te faire du mal ? »
- « Tu n’as pas à gérer cela seul. Nous allons demander de l’aide. »
- « Je ne peux pas garder cela secret, parce que je dois t’aider à rester en sécurité. »
Si l’enfant ne répond pas, se détourne ou change de version, cela ne permet pas d’écarter le risque. Restez présent et transmettez également cette difficulté à répondre au professionnel.
Les réactions à éviter
Dans un moment aussi éprouvant, il est possible de réagir sous l’effet de la peur. L’objectif n’est pas d’être parfait, mais d’éviter les réponses qui ferment la discussion ou retardent l’aide.
- Ne dites pas : « Tu racontes n’importe quoi » ou « Tu ne sais même pas ce que cela veut dire ».
- Ne punissez pas l’enfant pour ses paroles et ne lui demandez pas de promettre de ne plus les prononcer.
- N’essayez pas de lui démontrer qu’il devrait être heureux ou reconnaissant.
- Ne promettez pas de garder cette confidence secrète.
- N’attendez pas un prochain rendez-vous programmé si un danger est possible maintenant.
- Ne laissez pas accessibles les médicaments ou les autres moyens dangereux.
Si votre première réaction a été maladroite, vous pouvez reprendre la conversation : « J’ai été surpris et je n’ai pas bien répondu. Ce que tu as dit est important. Je veux vérifier que tu es en sécurité. »
Quand s’inquiéter ?
Toute parole concernant le fait de mourir, de disparaître ou de se faire du mal justifie un contact rapide avec un professionnel. Appelez immédiatement le 15 ou le 112 en France si l’enfant dit vouloir se faire du mal maintenant, s’est déjà blessé, a peut-être avalé un produit, a accès à un moyen dangereux ou si vous ne pouvez pas assurer sa sécurité. S’il décrit une manière de se faire du mal sans danger immédiat identifié, contactez néanmoins sans délai un professionnel afin que la situation soit évaluée. Restez avec l’enfant jusqu’à ce que vous disposiez de consignes adaptées.
Sources et repères professionnels
- Ministère de la Santé (France) — Que faire et à qui s’adresser face à une crise suicidaire ? — repères officiels sur le recours au 15 ou au 112 en cas de risque suicidaire imminent.
- National Institute of Mental Health — Understanding the Characteristics of Suicide in Young Children — principe de précaution face aux paroles suicidaires chez les jeunes enfants.
- National Institute of Mental Health — Children and Mental Health: Is This Just a Stage? — recours immédiat à une aide lorsqu’un enfant parle de se faire du mal.
- American Academy of Child and Adolescent Psychiatry — Threats by Children: When Are They Serious? — nécessité de parler immédiatement avec l’enfant et d’organiser une évaluation urgente si le danger persiste.
