Lorsque des pictogrammes sont proposés à un enfant qui parle peu ou pas, une inquiétude revient souvent : s’il peut montrer une image, aura-t-il encore envie d’essayer de parler ? Cette question est compréhensible. Les repères professionnels disponibles indiquent que la communication alternative et améliorée, ou CAA, peut accompagner la parole sans empêcher son développement.
Les pictogrammes offrent un moyen supplémentaire de communiquer. Ils ne permettent pas de prévoir comment le langage oral évoluera, mais ils donnent à l’enfant une possibilité de se faire comprendre dès maintenant.
À retenir
- Les pictogrammes peuvent compléter la parole plutôt que la remplacer.
- Leur utilisation n’empêche pas le langage oral de se développer.
- Ils peuvent être proposés à un enfant qui parle peu, même s’il prononce déjà certains mots.
- Aucun outil ne garantit l’apparition ou la progression de la parole.
- Le choix de l’aide dépend des besoins et des possibilités de chaque enfant.
Les pictogrammes remplacent-ils la parole ?
Les pictogrammes peuvent faire partie d’un dispositif de communication alternative et améliorée. La CAA peut aussi prendre d’autres formes, notamment des gestes ou différents supports adaptés à l’enfant.
Le mot alternative peut prêter à confusion. Il ne signifie pas forcément que l’on renonce au langage oral. L’outil peut être utilisé comme un complément à la parole, selon les besoins et les possibilités de l’enfant.
Les repères professionnels indiquent que donner accès à ce type d’aide ne bloque pas le développement de la parole. En revanche, ils ne permettent pas d’affirmer qu’un enfant parlera grâce aux pictogrammes ni de prévoir la forme que prendra son langage. L’objectif immédiat est de lui permettre de communiquer sans devoir attendre de pouvoir tout dire oralement.
Pourquoi une aide visuelle peut-elle être utile au développement ?
Lorsqu’un enfant parle peu ou pas, un pictogramme peut lui offrir un moyen de participer à l’échange et de se faire comprendre.
Un enfant peut déjà être compris à la maison et rencontrer davantage de difficultés avec d’autres personnes. Un support disponible peut l’aider à communiquer au-delà de ce que son entourage devine habituellement. Les mots, les gestes et les images peuvent coexister.
L’outil n’a pas besoin d’être réservé aux enfants totalement non verbaux. Un enfant qui possède quelques mots peut aussi bénéficier d’un support. Il n’est pas nécessaire d’opposer pictogramme et parole.
Comment utiliser les pictogrammes au quotidien ?
Un orthophoniste ou un logopède peut vous aider à choisir le support et à l’adapter aux possibilités de l’enfant. Demandez-lui aussi une démonstration dans une situation familière.
Montrer comment s’en servir
Pendant un jeu, désignez par exemple « encore » en disant « On recommence ? ». L’enfant peut d’abord vous observer ; il n’a pas à pointer ou à répéter immédiatement.
Répondre au message
Si l’enfant montre déjà un objet, ne faites pas semblant de ne pas comprendre. Reformulez ce qu’il exprime en désignant l’image correspondante.
Garder le support disponible
Refuser une demande ne justifie pas de retirer le pictogramme associé. L’outil reste un moyen de s’exprimer, y compris lorsque votre réponse est non.
Des phrases utiles pour accompagner l’enfant
- « Tu peux me montrer. »
- « J’ai compris ton message. »
- « Je n’ai pas encore compris. Tu peux me montrer ? »
Ces formulations permettent d’accueillir le message sans exiger une performance orale.
Les erreurs à éviter
- Retirer les pictogrammes pour forcer la parole. L’enfant doit pouvoir disposer d’un moyen de communiquer.
- Exiger la répétition avant de répondre. L’accès à la communication ne doit pas dépendre de sa capacité à prononcer un mot.
- Présenter la CAA comme un dernier recours. Elle n’est pas réservée aux enfants qui ne parlent pas du tout.
- Choisir un outil sans tenir compte des besoins de l’enfant. L’avis d’un orthophoniste ou d’un logopède peut aider à ajuster le choix.
- Promettre que les pictogrammes feront apparaître la parole. Ils soutiennent la communication, mais ne permettent pas de garantir l’évolution future du langage oral.
Quand s’inquiéter ?
Si votre enfant parle peu ou pas, ou si sa communication vous préoccupe, demandez à un orthophoniste ou à un logopède comment choisir et utiliser une aide adaptée à ses besoins et à ses possibilités.
Sources et repères professionnels
- CléPsy — Institut du Cerveau de l’Enfant (AP-HP) — Communication Alternative et Améliorée (CAA): comment aider un enfant qui ne parle pas ou peu?: Comprendre pourquoi gestes et pictogrammes peuvent accompagner le langage oral.
- CléPsy — Communication Alternative et Améliorée (CAA) : Comment s’y prendre concrètement ? — Utilisation quotidienne des supports.
