Votre enfant tourne la tête, serre les lèvres ou recrache une partie de son médicament ? La situation peut être déstabilisante : il faut donner le traitement, mais la quantité réellement avalée devient inconnue.
Dans ce cas, mieux vaut ne pas redonner une dose complète au hasard. La conduite à tenir dépend du médicament, de la quantité prescrite et de ce qui semble avoir été avalé. La notice, le pharmacien ou le prescripteur peuvent vous indiquer la marche à suivre.
À retenir
- Une dose partiellement recrachée ne doit pas être remplacée au jugé.
- Installez l’enfant assis et utilisez le dispositif de mesure prévu.
- Avec une seringue orale, placez l’embout entre la gencive et la joue.
- Donnez le liquide en petites quantités, en laissant le temps d’avaler.
- En cas de doute, notez l’incident et demandez conseil au pharmacien ou au prescripteur.
Faut-il redonner un médicament recraché ?
Si une partie du liquide ressort de la bouche, la quantité absorbée est inconnue. Même lorsque beaucoup de produit semble avoir été recraché, une partie a pu être avalée. Redonner automatiquement la dose complète pourrait donc conduire à administrer une quantité excessive.
La réponse varie selon le médicament. Certains produits ont des consignes particulières, liées notamment à leur dosage et à leur rythme d’administration. Consultez la notice correspondant au produit et appelez un pharmacien ou le professionnel qui l’a prescrit. Indiquez le nom du médicament, la dose prévue, l’heure de la prise et ce que vous avez observé.
En attendant cette réponse, ne doublez pas la prise suivante. Notez qu’une dose a été partiellement donnée afin que les adultes qui s’occupent de l’enfant disposent de la même information.
Une dose recrachée n’est pas la même situation qu’un vomissement après la prise. Les consignes prévues après un vomissement ne peuvent pas être appliquées automatiquement : là encore, elles dépendent du produit.
Pourquoi les jeunes enfants peuvent-ils refuser ou recracher ?
Le goût ou la forme du médicament peuvent contribuer au refus. Toutefois, le fait qu’un enfant ferme la bouche, détourne la tête ou recrache ne permet pas à lui seul d’en déterminer la cause ni de conclure qu’il cherche à s’opposer à l’adulte.
Le but n’est donc pas d’obtenir une coopération parfaite. Il s’agit de réunir les conditions les plus sûres possible, tout en gardant une consigne simple et prévisible.
Comment donner un médicament liquide plus sûrement ?
Préparer la dose avant d’installer l’enfant
Lisez l’étiquette et mesurez exactement la quantité prescrite avec la seringue orale, la cuillère-mesure ou le dispositif fourni. Une cuillère de cuisine n’offre pas une mesure suffisamment fiable.
Si le goût ou la forme du médicament a déjà posé problème, demandez conseil au pharmacien avant la prise suivante. Il pourra vérifier si une autre présentation existe ou si le produit peut être associé à une petite quantité d’aliment. Tous les médicaments ne peuvent pas être mélangés.
Installer l’enfant assis
Placez l’enfant en position assise, la tête droite. Évitez de l’allonger pour lui faire avaler le liquide. Présentez brièvement ce qui va se passer, sans appeler le médicament un bonbon.
Utiliser la seringue dans la joue
Glissez l’embout entre la gencive et l’intérieur de la joue. Injectez une petite quantité, puis attendez que l’enfant l’avale avant de continuer. Ne dirigez pas la seringue vers le fond de la gorge et ne videz pas tout son contenu en une seule fois : cela peut provoquer une toux, un rejet ou un étouffement.
Proposer un choix limité
Un petit choix compatible avec la prescription peut rendre la situation plus prévisible : choisir la chaise, tenir un objet rassurant ou décider qui donnera le médicament. Le choix ne porte pas sur la dose ni sur la nécessité du traitement prescrit.
Phrases utiles à dire
- « C’est ton médicament. Je vais te le donner par petites quantités dans la joue. »
- « Tu peux choisir de t’asseoir sur cette chaise ou sur mes genoux. »
- « On fait une pause pour avaler, puis on continue. »
- « Tu en as recraché une partie. Je vais demander au pharmacien ce qu’il faut faire. »
- « Je vois que ce goût te gêne. Le médicament reste nécessaire, et je vais t’aider à le prendre sans aller trop vite. »
Les erreurs à éviter
- Redonner une dose complète sans avis : une partie du produit a peut-être déjà été absorbée.
- Doubler la prise suivante : cela peut entraîner une quantité excessive.
- Viser le fond de la gorge ou boucher le nez : ces gestes augmentent l’inconfort et peuvent gêner la déglutition.
- Verser toute la dose d’un coup : mieux vaut avancer par petites quantités.
- Mélanger le produit dans un grand biberon ou un repas complet : si l’enfant ne termine pas, la dose prise reste inconnue. Vérifiez toujours au préalable si le mélange est autorisé.
- Présenter le médicament comme un bonbon : l’enfant doit pouvoir comprendre qu’il s’agit d’un produit donné par un adulte dans une quantité précise.
Si la prise devient régulièrement très conflictuelle ou impossible, parlez-en rapidement au pharmacien ou au prescripteur. Une adaptation peut parfois être envisagée selon le médicament, mais elle doit être validée par un professionnel.
Quand s’inquiéter ?
Demandez rapidement un avis médical si un médicament essentiel n’a pas pu être pris, si vous suspectez une double dose ou une ingestion accidentelle, ou si vous ignorez la quantité administrée. Une difficulté respiratoire, un étouffement ou des signes possibles de réaction allergique nécessitent de contacter sans attendre le service d’urgence adapté à votre situation. N’essayez pas de compenser seul une prise incertaine.
Sources et repères professionnels
- Great Ormond Street Hospital for Children NHS Foundation Trust — How to give your child liquid medicines, repères sur la mesure, la position assise et l’utilisation d’une seringue orale dans la joue.
- Medicines for Children — Frequently Asked Questions, repères sur les doses partielles, les prises supplémentaires, le mélange avec un aliment et le recours au pharmacien ou au prescripteur.
