Voir un camarade utiliser une tablette pour parler peut éveiller la curiosité. Votre enfant peut vouloir toucher l’écran, s’étonner du temps nécessaire pour répondre ou penser que l’autre enfant ne sait pas parler.
Une explication simple suffit souvent : cette tablette est un moyen de communication. Comme la parole, elle sert à exprimer un message.
À retenir
- La tablette peut compléter ou remplacer la parole.
- Elle doit rester accessible à l’enfant qui l’utilise.
- On parle directement à l’enfant, et non seulement à l’adulte qui l’accompagne.
- On lui laisse le temps de construire sa réponse.
- On ne touche pas son outil sans permission.
Une tablette pour parler, qu’est-ce que c’est ?
Cette tablette fait partie des moyens de communication améliorée et alternative, souvent désignés par le sigle CAA. La CAA peut utiliser une tablette, des pictogrammes, des signes ou d’autres supports.
Selon les besoins de la personne, ces moyens complètent la parole ou la remplacent. Il n’existe donc pas une seule manière de communiquer.
Même si l’écran ressemble à celui d’une tablette utilisée pour jouer, sa fonction est différente : il permet à l’enfant de prendre part à la conversation.
Vous pouvez dire : « Cette tablette l’aide à dire ce qu’il pense. C’est sa façon de parler à ce moment-là. »
Il n’est pas nécessaire de demander à l’enfant ou à sa famille pourquoi il utilise cet outil ni de chercher une explication sur son handicap. Connaître la règle essentielle suffit pour interagir avec respect : parler à l’enfant, attendre sa réponse et ne pas utiliser son appareil sans son accord.
Pourquoi votre enfant veut-il toucher ou répondre à sa place ?
Votre enfant peut croire qu’il s’agit d’un jeu ou vouloir comprendre ce qui se passe en appuyant sur les pictogrammes. Cette réaction ne traduit pas nécessairement un manque de respect : la situation est simplement nouvelle.
Il peut également trouver le silence inhabituel pendant que son camarade prépare son message. Attendre permet à l’autre enfant d’aller au bout de son idée.
Votre enfant peut enfin répondre à sa place avec l’intention d’aider. Expliquez-lui qu’une aide utile consiste d’abord à laisser la personne s’exprimer elle-même. Cette règle vaut aussi quand on croit avoir compris ce qu’elle souhaite dire.
Ces apprentissages se construisent au fil des rencontres. L’objectif n’est pas d’exiger une attitude parfaite, mais de donner des repères compréhensibles et de les rappeler calmement lorsque c’est nécessaire.
Comment accompagner la rencontre ?
Commencez par nommer la fonction de l’outil avec des mots directs : « C’est sa tablette pour communiquer. Elle lui permet de nous répondre. »
Montrez ensuite concrètement comment participer à l’échange :
- Parler directement au camarade, même si un adulte est présent.
- Poser une question simple, puis laisser la place à la réponse.
- Regarder l’enfant plutôt que de fixer uniquement l’écran.
- Garder ses mains près de soi et demander avant de toucher l’appareil.
- Reconnaître une incompréhension sans faire semblant d’avoir compris.
Si votre enfant appuie déjà sur l’écran, intervenez sans le présenter comme fautif : « Stop, cette tablette lui sert à parler. On ne la touche pas sans sa permission. » Vous pouvez ensuite l’aider à reprendre l’échange : « Tu peux lui poser ta question, puis attendre sa réponse. »
Si le message n’est pas clair, il est possible de demander comment mieux comprendre. L’enfant qui utilise la tablette, l’adulte qui l’accompagne ou un professionnel présent pourra donner un repère adapté à la situation. Il ne faut pas supposer à l’avance qu’une seule manière de faire convient à tout le monde.
Des phrases utiles à proposer
- « C’est son outil pour parler. Tu peux lui parler comme aux autres, puis on attend. »
- « Cette tablette doit rester devant lui pour qu’il puisse répondre. »
- « Tu aimerais regarder ? Demande-lui d’abord la permission. »
- « Attendons, il prépare son message. »
- « Je n’ai pas bien compris. Est-ce que tu peux me le redire ? »
- « On le laisse terminer avant de répondre. »
Votre enfant peut aussi avoir une question plus générale, par exemple : « Pourquoi il ne parle pas comme moi ? » Vous pouvez répondre sans inventer d’explication : « Les personnes ne communiquent pas toutes de la même manière. Lui, il utilise notamment cette tablette. »
Les erreurs à éviter
Dans une situation nouvelle, les adultes aussi peuvent hésiter. Quelques repères permettent de préserver la place de chacun :
- Ne pas appuyer sur les pictogrammes pour essayer, même si l’enfant semble ne pas utiliser l’appareil à ce moment-là.
- Ne pas finir son message ni choisir des mots à sa place.
- Ne pas parler uniquement à l’accompagnant lorsque la question concerne l’enfant.
- Ne pas presser la réponse ou enchaîner immédiatement avec une autre question.
- Ne pas infantiliser l’enfant : son mode de communication ne permet pas de conclure ce qu’il comprend, pense ou souhaite.
Évitez également de transformer la rencontre en leçon publique sur les différences. Un rappel bref, suivi d’une interaction ordinaire, permet à la conversation de rester naturelle.
Quand s’inquiéter ?
La curiosité, une question maladroite ou l’envie de toucher l’écran peuvent être accompagnées sans dramatiser. Si l’outil est régulièrement pris, éloigné ou utilisé sans permission malgré les rappels, demandez l’aide de l’adulte responsable du groupe afin de préserver son accès. Si votre enfant se montre inquiet ou ne comprend pas la situation, reprenez l’explication avec des mots simples, sans lui demander d’interroger l’autre enfant sur sa vie personnelle.
À écouter aussi avec votre enfant
- Même celui qui est différent — Pour parler du respect des différences et de l’inclusion.
Sources et repères professionnels
- Haute Autorité de santé — TDI : communication et habiletés sociales — volet 1: Définition de la communication augmentative et alternative et diversité des supports, notamment cahiers, pictogrammes et outils numériques.
- American Speech-Language-Hearing Association (ASHA) — Communication améliorée et alternative: cinq conseils pour la classe: Accès permanent à l’outil de communication, temps de réponse et inclusion en classe.
