« Pourquoi il a deux mamans ? » ou « Est-ce qu’on peut avoir deux papas ? » Ces questions peuvent surprendre, mais elles ne traduisent pas forcément un jugement. L’enfant cherche souvent à classer ce qu’il découvre à partir des modèles qu’il connaît.
Il n’est pas nécessaire de préparer un long discours. Une réponse courte, concrète et sereine peut lui permettre de comprendre qu’il existe plusieurs manières de former une famille.
À retenir
- Une question directe n’est pas nécessairement une critique.
- Les familles ne sont pas toutes composées de la même façon.
- Une famille repose notamment sur des liens de soin, d’appartenance et de responsabilité.
- Il est préférable d’utiliser les mots choisis par la famille concernée.
- Aucun enfant ne doit être moqué ou exclu en raison de sa famille.
Que répondre à un enfant qui découvre deux mamans ou deux papas ?
Vous pouvez commencer par répondre exactement à la question posée : « Oui, certaines familles ont deux mamans, d’autres ont deux papas. Il existe plusieurs sortes de familles. »
Cette réponse présente la diversité familiale comme un fait, sans désigner une structure comme la référence et les autres comme des exceptions. Vous pouvez ajouter : « Dans une famille, des adultes prennent soin des enfants et sont responsables d’eux. »
Le mot utilisé pour nommer chaque parent dépend toutefois de la famille. Les enfants peuvent dire « maman », « papa », employer un prénom ou choisir un autre nom familial. Lorsque vous connaissez les termes utilisés par les personnes concernées, reprenez-les. Sinon, évitez de supposer leur histoire ou leur organisation.
Si votre enfant demande si cette famille est « normale », vous pouvez répondre calmement : « Oui, c’est bien une famille. Les familles peuvent être composées de différentes façons. » Cela permet de répondre sans réprimander l’enfant pour le mot qu’il a choisi.
Pourquoi les enfants posent-ils cette question ?
Au fil du développement, beaucoup d’enfants observent les ressemblances et les différences. Ils construisent des catégories à partir de leur propre foyer, des livres, de l’école et des personnes qu’ils rencontrent. Une composition familiale qu’ils ne connaissent pas encore peut donc susciter une question très directe.
L’enfant peut aussi répéter une phrase entendue ailleurs. Avant de conclure qu’il rejette une famille, il est utile de lui demander : « Qu’est-ce que tu as compris ? » ou « Qu’est-ce qui t’étonne ? » Sa réponse vous aidera à savoir s’il cherche une information, s’il rapporte une discussion ou s’il a été témoin de moqueries.
Une explication adaptée ne demande pas de raconter l’histoire intime de la famille. Le fait de connaître sa composition ne permet pas de déduire un parcours de conception, une grossesse, une filiation juridique ou la place d’autres personnes. Ces éléments varient selon chaque histoire et ne sont pas nécessaires pour répondre à une première question.
Si l’enfant veut savoir comment cette famille s’est formée et que vous ne le savez pas, vous pouvez simplement le reconnaître : « Je ne connais pas leur histoire. Toutes les familles ne se forment pas de la même manière. » Dire que l’on ne sait pas est plus exact que d’inventer une explication.
Comment accompagner la discussion concrètement ?
Répondre à la question réelle
Commencez par une ou deux phrases, puis observez si votre enfant souhaite en savoir davantage. Une réponse brève évite de le submerger avec des informations qu’il n’a pas demandées.
Partir de ce qu’il connaît
Vous pouvez rappeler que les familles ont des compositions variées : certaines comprennent un ou plusieurs parents, et des enfants peuvent aussi vivre avec d’autres adultes qui prennent soin d’eux. L’objectif n’est pas d’établir une liste complète, mais de montrer qu’un seul modèle ne résume pas toutes les familles.
Accueillir les questions sans valider les moqueries
La curiosité est permise ; l’humiliation ne l’est pas. Si une remarque blessante apparaît, distinguez clairement les deux : « Tu peux poser une question, mais on ne se moque pas d’un enfant à cause de sa famille. »
Utiliser les situations du quotidien
Un livre, une rencontre au parc ou une conversation à l’école peut ouvrir un échange naturel. Il n’est pas nécessaire de transformer chaque occasion en leçon. Quelques mots factuels peuvent suffire, puis la conversation pourra reprendre si une nouvelle question apparaît.
Phrases utiles pour les parents
- « Oui, cet enfant a deux mamans. Les familles ne sont pas toutes pareilles. »
- « Certains enfants ont deux papas, d’autres un parent ou plusieurs adultes qui prennent soin d’eux. »
- « Qu’est-ce qui t’a fait penser à cette question ? »
- « Je ne connais pas l’histoire de cette famille, alors je ne vais pas la deviner. »
- « Tu as le droit d’être curieux. En revanche, personne ne doit être moqué pour sa famille. »
Les erreurs à éviter
- Réagir comme si la question était forcément méchante. Une réponse défensive peut fermer la discussion alors que l’enfant cherchait simplement un repère.
- Présenter un père ou une mère comme un manque obligatoire. Cela impose un modèle et peut blesser les enfants concernés.
- Inventer le parcours de la famille. Deux mamans ou deux papas ne permettent pas de connaître l’histoire de la conception, de la grossesse ou de la filiation.
- Donner des détails d’adultes inutiles. Répondez à ce que l’enfant demande, avec des mots accessibles.
- Laisser passer les moqueries. La curiosité peut être accueillie, tandis que l’exclusion demande une limite claire.
Si vous avez été pris au dépourvu, vous pouvez revenir sur votre réponse plus tard : « J’ai repensé à ta question. Je voulais te dire que les familles peuvent être composées de différentes façons. » Il n’est pas nécessaire d’avoir trouvé immédiatement les mots parfaits.
Quand s’inquiéter ?
Une question sur deux mamans ou deux papas n’est pas, en elle-même, un motif d’inquiétude. Une attention particulière est utile si votre enfant subit ou participe à des moqueries répétées, à une exclusion ou à des propos humiliants concernant une famille. Échangez avec lui sans l’accuser et, si la situation se déroule à l’école ou dans une structure d’accueil, parlez-en avec les adultes responsables afin de protéger les enfants concernés.
Sources et repères professionnels
- Éduscol — Prévenir les LGBT+phobies en milieu scolaire : diversité des familles, prévention des moqueries et protection des enfants concernés.
- American Academy of Pediatrics — HealthyChildren.org — Les différents types de familles : présenter simplement la diversité des structures familiales, notamment les familles avec deux mères ou deux pères.
