2-6 ans

Repère parental

Dans ses jeux, mon enfant devient le parent et me donne des ordres

Jouer au parent permet à l’enfant d’explorer un rôle familier et le fait de décider. L’adulte peut participer tout en conservant les règles réelles de sécurité et de respect.

Développement de l’enfant · Sans diagnostic · Conseils concrets pour le quotidien

Par La Bande à Shadi

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Votre enfant annonce qu’il est le parent, vous envoie au lit ou décide de tout sur un ton autoritaire ? Ce renversement peut être déroutant, mais il appartient souvent au jeu de faire semblant.

L’enfant expérimente un rôle qu’il connaît et explore ce que signifie décider. Vous pouvez entrer dans son scénario sans lui céder la responsabilité des règles réelles.

À retenir

  • Jouer au parent permet d’essayer un rôle et de rejouer des scènes familières.
  • Le scénario ne reproduit pas nécessairement votre relation à l’identique.
  • Vous pouvez suivre certaines idées de l’enfant tant qu’elles restent acceptables.
  • La sécurité et le respect ne deviennent jamais imaginaires.
  • À la fin du jeu, les adultes rappellent clairement leur responsabilité réelle.

Pourquoi mon enfant veut-il devenir le parent ?

Dans le jeu symbolique, un objet peut représenter autre chose et chacun peut changer de personnage. L’enfant peut devenir parent, médecin, enseignant, bébé ou animal. Il reprend des éléments observés dans sa famille, dans un livre, à l’école, chez d’autres personnes ou dans une histoire inventée.

En jouant au parent, il peut essayer des gestes, des mots et des décisions associés à ce rôle. Donner des consignes, préparer un repas imaginaire ou décider de l’heure du coucher lui permet d’explorer la place de celui qui organise la scène.

Cela ne signifie pas nécessairement qu’il conteste votre place ou cherche réellement à commander la famille. Le pouvoir exercé dans l’histoire est imaginaire. Le contenu du jeu ne constitue pas non plus une copie fidèle de ce que l’enfant vit : plusieurs observations et inventions peuvent se mélanger.

Il n’est donc pas utile d’analyser chaque phrase devant lui. Le jeu peut rester un espace d’essai, d’imitation et de création.

Ce que le jeu de rôle permet d’explorer

Les repères professionnels présentent le jeu comme un contexte favorable aux interactions, au langage, à l’imagination et à la résolution de problèmes. Lorsque l’enfant distribue les rôles, il doit construire une situation : qui fait quoi, avec quels objets et selon quelle histoire ?

Les scénarios familiers occupent souvent une place importante durant la petite enfance. L’enfant peut reproduire un repas, un départ, un soin apporté à une peluche ou une règle entendue ailleurs. Au fil du développement, ces histoires peuvent devenir plus élaborées et changer rapidement.

Le ton autoritaire peut simplement faire partie du personnage. Il reste toutefois possible d’intervenir si les mots blessent ou si l’action demandée est dangereuse. Faire semblant n’efface pas les limites qui protègent les personnes et les objets.

Comment participer sans confondre jeu et réalité ?

Nommer clairement le cadre

Une phrase simple permet de marquer l’entrée dans le scénario : « Maintenant, on fait semblant : tu joues le parent et je joue l’enfant. » Cette formulation reconnaît l’idée de l’enfant tout en rappelant qu’il s’agit d’un rôle temporaire.

Suivre certaines propositions

Vous pouvez accepter d’aller coucher une peluche, de manger un plat imaginaire ou de prendre une voix de personnage. Il n’est pas nécessaire de corriger chaque détail ni de diriger toute l’histoire. Suivre quelques idées montre que vous avez compris le scénario.

Conserver les limites réelles

Une demande dangereuse ou blessante peut être refusée, même si elle appartient au jeu. Vous pouvez dire : « Je joue avec toi, mais je ne vais pas monter sur ce meuble. On peut imaginer une autre mission. »

Si le ton vous gêne, posez une limite sur la manière de parler plutôt que sur le droit d’inventer : « Tu peux me donner une consigne dans l’histoire. Je ne veux pas que tu me cries dans l’oreille. »

Proposer une autre formulation

L’enfant peut manquer de mots pour diriger le scénario autrement. Vous pouvez lui offrir une phrase disponible, sans exiger qu’il la répète : « Tu peux dire : “Dans notre histoire, c’est l’heure d’aller au lit.” »

Refermer le jeu

Lorsque vous arrêtez, rendez le changement visible : « Le jeu est terminé. Tu n’es plus le parent du jeu, et les décisions réelles restent sous ma responsabilité. » Cette transition évite de débattre pour savoir si une règle imaginaire continue de s’appliquer.

Des phrases utiles pour les parents

  • « D’accord, dans le jeu, tu es le parent. Quel est mon rôle ? »
  • « Je peux suivre cette idée, mais pas faire quelque chose de dangereux. »
  • « Tu peux commander le personnage sans blesser la personne. »
  • « Je vois que tu veux décider de la suite de l’histoire. »
  • « Le faire semblant s’arrête ici. Maintenant, c’est moi qui m’occupe de la règle réelle. »

Les réactions à éviter

  • Se moquer de l’imitation : l’enfant pourrait comprendre que son idée ou sa manière de jouer est ridicule.
  • Obéir à une action risquée : le scénario ne justifie jamais de contourner une règle de sécurité.
  • Corriger chaque détail : le jeu n’a pas besoin de reproduire exactement la réalité pour avoir du sens.
  • Transformer la scène en lutte de pouvoir : il est possible de distinguer calmement le personnage imaginaire des responsabilités réelles.
  • Interroger longuement l’enfant sur ce que le jeu “veut dire” : une question ouverte peut permettre d’accueillir ce qu’il souhaite raconter.

Quand s’inquiéter ?

Un scénario isolé dans lequel l’enfant commande ou joue au parent est généralement ordinaire. Un jeu qui exprime une peur répétée ou met en scène des violences préoccupantes mérite une écoute attentive. Accueillez ce que l’enfant montre ou raconte sans lui suggérer de réponses.

À écouter aussi avec votre enfant

  • On fait semblant — Pour accompagner le jeu d’imitation et l’imagination à travers le mouvement.

Sources et repères professionnels

  • American Academy of Pediatrics / HealthyChildren — The Power of Play: How Fun and Games Help Children Thrive
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